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L'été en pente douce rue
Paul Albert

Les
peintres ont toujours eu une tendresse particulière pour
la butte Montmartre. Alors quand au bas d'un des ces escaliers
qui font ahaner les touristes, rue Maurice Utrillo justement,
on découvre les tables de ce restaurant disposées
comme les couleurs sur une palette, on se dit que tout est bien,
que tout est à sa place et, qu'en effet, il n'y a qu'à
laisser couler doucement l'été le long de sa douce
pente.

posted par gLaurent
le vendredi, avril 28, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


Petit jogging rue du Cardinal Lemoine

Envoyé
par le pape pour tenter d'apaiser sa querelle avec le roi Philippe
le Bel, le cardinal Lemoine acheta leur domaine aux moines grands
Augustins, et y fonda un collège qu'il dota de quoi alimenter
cent bourses d'étudiants méritants. Le collège
eut une destinée prestigieuse et ne disparut qu'à
la révolution. La rue qui en perpétue le souvenir
file jusqu'à la place de la contrescarpe. On est ici en
plein quartier étudiant : écoles, instituts et
universités se bousculent. Et comme un esprit sain ne
peut habiter qu'un corps en pleine forme ("mens sana in
corpore sano", disaient les anciens) cette jeune fille entraîne
le sien pour notre plus grand plaisir de flâneur impénitent.

posted par gLaurent
le lundi, avril 24, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


Théâtre de rue place d'Aligre

Cette place circulaire qui coupe
en son milieu la rue du même nom, outre un petit déballage
de brocante et de puces, accueille régulièrement
spectacles et animations. C'est que le quartier, déjà
célèbre pour son marché et sa commune libre,
se transforme peu à peu, comme tout le reste du faubourg
saint-Antoine. Elus et associations se mobilisent pour lui conserver
son pittoresque et son côté populaire, sachant que
c'est justement ça qui attire les nouveaux habitants du
quartier qui remplacent à vive allure les artisans et
les ouvriers de ce vivier des révoltes parisiennes. Le
théâtre de rue cultive le même paradoxe, puisque
comme au moyen âge, s'il se joue dans la rue, il reste
l'apanage des clercs (étudiants, jeunes artistes engagés,
intellectuels) et a besoin pour se produire de l'aval des édiles
(notables, élus, clergé). Mais il semble bien que
les enfants qui s'asseoient au premier rang du cercle de badauds
se moquent pas mal de toute cette rhétorique. Ils ont
bien raison, le spectacle était très réussi.

posted par glavalette
le vendredi, avril 21, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


3ème arrondissement - Les toits
de la rue Chénier

Encore
quelques effets de toitures en zinc, très appréciées
des humoristes du début du vingtième siècle,
qui aimaient aussi les tuyaux de pipe, les toiles à matelas,
les malles de voyages et les voitures à bras... Ce discours
vous semble ésotérique? C'est que vous n'avez pas
assez lu Pierre Dac, qui les pratiquait avec assiduité
et qui affirmait également que l'accusé était
cuit quand son avocat n'était pas cru... André
Chénier ne réussit pas non plus à convaincre
ses accusateurs sous la terreur. Il vécut tout près,
en haut de cette rue, dans un immeuble tellement étroit
que les mauvaises langues prétendaient qu'il avait quitté
son logis pour la prison Saint Lazare et la guillotine pour pouvoir
se pousser du col. Les mauvais jeux de mot ne sont donc pas une
invention récente? Mais non. Pas plus que les tribunaux
d'exception.

posted par gLaurent
le vendredi, avril 14, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


16ème arrondissement - Fin d'après-midi
sur les jardins du Trocadéro

"Les
Jardins" (le seul homme représenté sur les
huit statues du groupe qui encadrent la terrasse) du sculpteur
Robert Couturier, "le Matin", de Prias et "la
Jeunesse" d'Alexandre Descatoire semblent, comme les touristes
assis sur le parapet de la place des Droits de l'Homme, attendre
la tombée du jour. Un petit ciel de traîne plombait
joliment cette fin d'après midi de septembre dont la quiétude
et la beauté rendait chacun silencieux et comme mélancolique.
Il n'y a guère que la vilaine tour noire qu'on devine
sous la jupe de la tour eiffel pour gâcher un peu le paysage...
Les artistes chinois ont l'habitude de marquer de leur doigt,
enfoncé dans la glaise, une statue sans défaut,
soutenant que seul Dieu a le monopole de la perfection. ce sera
donc ce vilain cube qui jouera pour nous ce rôle là.
L'honneur est sauf!

posted par gLaurent
le vendredi, avril 07, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


5ème arrondissement - Le restaurant
crêmerie Polidor

Il
y a exactement trente ans, nous avions soupé dans ce restaurant
dont la décoration ne semble pas avoir changé depuis
deux siècles. Le service et la cuisine étaient
assurés par de vieilles dames respectables (ce devait
être du temps de Madame Bony si j'en crois les chroniques),
ce qui m'avait alors frappé, autant que le décor,
l'accueil, le prix modique et l'excellence de la cuisine. Car
ce restaurant du 41 de la rue Monsieur le Prince est célèbre,
autant par sa table que par ses habitués. Ancienne crêmerie
qui finit par mitonner quelques petits plats pour ses habitués,
et abandonner définitivement la vente des fameux bof (beurre,
oeufs, fromages) à la fin du dix-neuvième siècle,
ses tables ont accueilli étudiants, petites mains, philosophes
et pataphysiciens, peintres, journalistes, écrivains,
dessinateurs... Mais je vous laisse admirer la photo de gérard
Lavalette et vous instruire sur ce lieu illustre en dévorant
l'histoire de l'établissement sur le site officiel du lieu. Bon appétit!

posted par glavalette
le jeudi, avril 06, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


3ème arrondissement - Comme à
la télé au métro Strasbourg-saint-Denis

Bien
que cela soit formellement interdit par le règlement de
la RATP, prenez vite en photo vos stations favorites. Des tests
sont en cours pour équiper les quais de barrières
de sécurité, un peu comme sur la ligne 14, mais
en moins luxueux évidemment. Alors, en attendant d'avoir
la vue bouchée par ces équipements de sécurité,
installez-vous à Strasbourg-saint-Denis et regardez passer
les trains par cette trouée dans l'arche qui supporte
la voûte. A chaque arrêt, c'est un peu comme un petit
théâtre qui répète la même courte
scène, à laquelle on ne prête plus attention
sur un quai ordinaire, mais qu'on se prend à suivre avec
intérêt, cadrée qu'elle est dans ce simulacre
d'écran télé. Certains sdf y passent même
la journée et le début de la nuit, mais ceci est
une autre histoire...

posted par gLaurent
le mardi, avril 04, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


11ème arrondissement - Toits de
Paris rue Richard Lenoir

Le
zinc est une spécialité parisienne. Bien sûr,
on trouve aussi des toitures en zinc dans d'autres villes et
capitales, mais pas de façon aussi uniforme. On peut dire
que les toits de zinc de la capitale lui conservent une unité
que la diversité de ses constructions aurait pu mettre
à mal. Mais des immeubles du haut Belleville aux constructions
hausmanniennes, le zinc règne en maître, luisant
sous la pluie, plus mat par temps sec, mais affichant toujours
une gamme de gris somptueux. Posé par feuilles sur les
liteaux qui le soutiennent, le zinc se courbe, se plie, se coupe,
épousant toutes les formes, caresssant les dessous des
tabatières, embrassant les cheminées innombrables
et leurs petits chapeaux de terre cuite, s'insinuant sous les
gouttières. Glacé l'hiver, brûlant l'été?
Sans doute, mais rien que ne puisse améliorer une bonne
isolation intérieure qui nous conservera longtemps nos
fameux toits parisiens.

posted par glavalette
le samedi, avril 01, 2006 pour pariscool : les
photos de paris


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