On
disait que l'arrivée à l'heure des trains ne valait pas un titre à la
une de notre journal, tant pendant des années, la ponctualité de ce
mode de transport a été telle qu'elle est devenue proverbiale. A
l'époque où nos montres se remontaient chaque jour d'un mouvement
savamment étudié du pouce et de l'index, et où les poids de nos
horloges entraînaient l'ancre de mécanismes mystérieux et sonores,
l'heure des horloges des Chemins de Fer restait la référence et le
passage du train la ponctuation des journées. Nos montres battent
aujourdhui au rythme des oscillations d'un quartz, l'horloge ne nous
parle plus guère et se synchronise automatiquement auprès
d'observatoires du bout du monde. Les goussets se font rares.
N'empêche, on aime bien ces grosses horloges sur les quais, et leur
remplacement progressif par des panneaux digitaux ne nous fera pas
oublier ces grosses aiguilles qu'on ne voit jamais bouger mais qui ne
sont pourtant jamais à la même place, mystère des mystères...
11ème arrondissement - Dernières nouvelles de comptoir à l'Armagnac
Quel
meilleur endroit pour lire son journal qu'un café parisien et son
comptoir de zinc? Celui-là est celui de l'Armagnac, rue de Charonne,
typique de ces endroits qu'on aime.
5ème arrondissement - Vinyle à la terrasse, rue Soufflot
C'est
maintenant la grande mode, les cafés et les restaurants ferment leur
terrasse avec de magnifiques bâches translucides, dites crystal. On a
ainsi l'impresion d'être dehors, tout en sirotant son café au chaud, et
même parfois très au chaud, quand le réflecteur au gaz mal réglé vous
fait transpirer à grosses gouttes. A travers ces bâches à la
transparence irréelle, surgissent les ombres fantomatiques des
passants, arpentant comme des ombres le pavé parisien. Et quand une
silhouette en ciré noir surgit, l'affaire se corse soudain,
fantasmatique... Le polar et le mystère rodent, tout comme les femmes
fatales qui hantent dangereusement les rues soudain glauques du
quartier latin...