11ème arrondissement - Oui Mai... 1968 - Le photographe Gérald Bloncourt
Figure du onzième arrondissement, le photographe Gérald Bloncourt poursuit avec un dynamisme qui ne se dément pas une carrière de photographe, peintre, graveur, poête et aussi menuisier, comme il aime à le répéter, lui qui se montre aussi fier de ses photographies que du vaisselier qui trône dans son salon. Mai 68? Il s'en souvient et ses yeux pétillent quand il ouvre ses boites et raconte ses cavalcades dans les manifestations ou ses longues heures passées devant les usines occupées. Ancien responsable du service photo de l'Humanité, qu'il avait alors déjà quitté, son parcours personnel donne à son témoignage un angle de vue original qu'il présentera à la Bibliothèque Faidherbe, du 1er avril au 31 mai 2008. Bien entendu, on y trouvera les photos traditionnelles des manifestations et des défilés. Mais on y verra également de nombreux clichés des nuits d'émeute, au plus près des barricades étudiantes, tout comme d'autres pris sur le vif dans les usines occupées ou les meetings. L'occasion de découvrir un georges Séguy jeune et svelte et un Krazucki qui ne confondait pas encore les anciens et le nouveaux francs.
Et si vous ne connaissez pas Gérald Bloncourt, il sera présent à la Bibliothèque Faidherbe le samedi 24 mai à partir de 15 heures. Une rencontre avec un homme hors du commun et un photographe qui ne l'est pas moins.
18 20 rue Faidherbe 75011, du 1er avril au 31 mai 2008
1er arrondissement - Les petits soldats des Drapeaux de France du Palais Royal
Quand cette photo a été prise, en 2004, la très célèbre boutique des Drapeaux de France était encore installée sous les arcades de la Galerie de Montpensier, à l'intérieur des jardins du palais Royal. Mais peu à peu galeries d'art et boutiques traditionnelles cèdent la place à d'autres commerces, vêtements ou restauration. Quel bonheur pourtant que cette vitrine, emplie de soldats de plombs des armées napoléoniennes et ces enfants, après une course folle entre les arbres du jardin, étaient restés là un bon moment, fascinés par ces jeux d'une autre temps, sans piles ni pixels. Je rassure les nostalgiques, si les Drapeaux de France ont quitté la galerie de Montpensier, ils se sont installés à quelques dizaines de mètres, place Colette. L'honneur est sauf et les grognards peuvent toujours se tirer le lobe de l'oreille de plaisir.
18ème arrondissement - Le tronc pour les pauvres du Cimetière Montmartre
Il est toujours bon de regarder derrière soi pour juger du présent. En 1860, Paris hérite de nouvelles communes, situées à sa périphérie. Et le village de Montmartre en fait partie. Et c'est en 1869 qu'est créée l'Administration Centrale de l'Assistance Publique de Paris, placée directement sous l'autorité de la Ville. C'était à la fois une époque de développement économique rapide et spectaculaire, en même temps qu'une époque de grande misère populaire. La prise en charge par l'état du sort des plus faibles et de leur santé rejoint une idée bien établie maintenant de solidarité nationale qui verra son aboutissement en 1945 avec la création de la Sécutité Sociale. L'Assistance Publique, à sa création, reste dans la tradition des institutions caritatives et religieuses (le plus souvent les mêmes) et installe dans Paris, les cimetières ou les jardins des hôpitaux, un certain nombre de troncs pour les pauvres, un peu comme ceux qu'on trouve dans les églises. Aujourd'hui, nous avons les Restos du Coeur ou les Secours Populaires et Catholiques : ils sont nos troncs modernes. Car la pauvreté perdure, envers et contre tout, et les moyens de la combattre n'évoluent guère. Quant à l'idée de partage ou de redistribution, elle se heurte parfois avec celle d'enrichissement général... après lequel nous courons toujours, comme après l'horizon.
1er arrondissement - La boite à malices de la Place vendôme
En 2006, une banque suisse avait installé une drôle de boite sur la place vendôme. Des petits judas permettaient aux passants de regarder ce qu'il pouvait bien y avoir dans la boite... et bien peu résistaient à la tentation, grands ou petits... Pas de visions affriolantes ou interdites dans le cube mystérieux, mais un très convenable paysage d'alpages suisses, avec quelques vaches et un petit train. Certains paraissaient un peu déçus, s'attendant peut-être à retrouver les jeux d'ombres grivois des boites à lumière qui faisaient florès sur les boulevards, au dix-neuvième siècle...