18ème arrondissement - C'est l'heure de l'apéro au Colibri
Il y a comme ça des rues encore préservées, avec leur petit café-restaurant typique à la terrasse accueillante, où il fait bon s'asseoir pour bavarder un peu et échanger des nouvelles. Le Colibri, rue Véron, partage avec quelques autres bonnes adresses, cet avantage inestimable : sembler se tenir à l'écart de la presse et de la frénésie. Il sert de lieu de rendez-vous aux anciens du quartier, jeunes et moins jeunes. Mais je vous rassure, Jean Georges, plus connu sous le pseudonyme affectueux de Toutoune, et Antoine me l'ont confirmé, seules la gentillesse et la discrétion servent ici de passeport pour être bien accueilli...
18ème arrondissement - Petite pause dans l'église Saint jean des Briques
Construite en 10 ans entre 1894 et 1904, Saint Jean de Montmartre fut édifiée en ciment, technique d'avant garde, et parée de briques, ce qui lui valut ce sobriquet dédaigneux de Saint Jean des Briques. Elle devait remplacer Saint Pierre de Montmartre, un des plus anciens édifices religieux de Paris, très endommagé et que la proximité de la toute nouvelle Basilique du Sacré Coeur semblait vouer à la démolition.
Des débats très houleux accompagnèrent cette querelle de clochers et on vit même des anti-cléricaux notoires se liguer pour défendre Saint Pierre, dans des réunions arrosées et bavardes comme on les aime.
Quoi qu'il en soit, Saint Pierre fut préservée et restaurée, on ne s'en plaindra pas, et Saint Jean fut construite, on ne s'en plaindra pas non plus.
Comme pour se faire pardonner, toutes les heures que Dieu fait, les cloches de Saint Jean égrènent joliment leur solfège et son carillonneur offre même une petite aubade une ou deux fois par jour aux amateurs d'apéritif ou de thé vert qui rêvassent aux terrasses.
Quant aux plus intrépides, ils gardent leur chapeau bien vissé et profitent du calme de l'église pour une petite sieste salutaire, sous le rayon indiscret d'un soleil filtrant à travers les vitraux.
Figure du pavé parisien, la fille de la rue fait partie intégrante de notre imaginaire. Pourtant, les maisons closes ont disparu, la gueule d'atmosphère a un peu la gueule de bois, mais cela ne fait rien : Romy assure toujours son office, avec un coeur "gros comme ça". Généreuse, des rêves de retraite à la campagne, elle rend justice à la tradition des "dames d'amour" des romans populaires et policiers.
Quel petit miracle quand l'accordéoniste de la rue Lévis, entre les étals de cette rue très commerçante, se lance dans une parade dont il a le secret. Mais attention, il faut qu'il fasse beau, sinon notre musicien reste au lit! Ce matin là, le soleil était de la partie, notre homme frais et dispo et quand il m'a aperçu avec mon appareil photo, il s'est écrié : "Sensass, voilà la télé!"