18ème arrondissement – La rue Berthe

18ème arondissement - La rue Berthe

C’est devenu une innocente manie, quand je passe en haut de la rue Berthe, je m’arrête quelques instants pour profiter de sa perspective. C’est le soir qu’il faut venir flâner ici. La pharmacie, du haut de sa rambarde, lorgne la place Emile Goudeau et ce qui reste du Bateau Lavoir, quelques passants se hâtent et les derniers touristes tournent leur plan dans tous les sens en espérant s’orienter jusqu’à la rue d’Orchampt pour voir enfin ce fameux Moulin de la Galette. Mais rien ne vaut finalement cette petite merveille de trottoir en rond, ces pavés luisants et ce creux qui semble inviter le promeneur à prendre son élan pour une dernière escalade de l’escalier de la rue du Calvaire jusqu’à la place du Tertre.

© gérard Laurent pour ParisCool, les photos de Paris

18ème arrondissement – Marcher sur les murs rue saint Eleuthère

Paris 18ème - Marcher sur les murs rue Saint Eleuthère

Peter Pan n’aurait pas désavoué ces petits touristes en train de marcher sur les contreforts de la rue saint Eleuthère. Les monuments ne les intéressent guère et je ne les ai pas vu lever les yeux vers les sommets de cette basilique élevée pour implorer le pardon d’une dégradation morale qui aurait amené la défaite de la France en 1870 et expier les crimes de la Commune. D’ailleurs, les touristes ne font pas autre chose, je parle des adultes et des adolescents, ils montent en flots continus jusqu’au parvis de l’imposant monument religieux, les yeux rivés sur le bout de leur tennis, se retournent et s’assoient sur les dernières marches pour regarder Paris et sa lumière et souffler un peu. Après dix minutes de récupération, ils se surprennent à reprendre en coeur les refrains d’un musicien des rues et à applaudir aux exploits d’un jeune joueur de football qui jongle avec son ballon sur un parapet. Puis, ils redescendent, heureux de leur balade, une improbable gravure imprimée en Chine roulée sous le bras où il est vaguement question du Moulin Rouge… Quand aux enfants, il sera très difficile de les convaincre qu’ils n’ont pas volé vraiment, ne fut-ce qu’un instant, du côté de la rue saint Eleuthère.

© gérard Laurent pour ParisCool, les photos de Paris

18ème arrondissement – Jazz et pas de danse place des Abbesses

18ème arrondissement - Jazz et pas de danse place des Abbesses

 

Les musiciens viennent souvent tenter leur chance place des Abbesses et c’est un des charmes de cette petite place, avec son métro et sa verrière signée Hector Guimard, son manège forain et son jardin orné du mur des « Je t’aime » caligraphiés dans toutes les langues. Ce jour là, la douceur de l’air, le talent et la joie de vivre des musiciens, la bonne humeur du public, l’émerveillement des tout petits et l’ébahissement des touristes ravis ont fait que le concert improvisé du groupe Omega a tourné à la fête et au plaisir partagé d’un instant rare de communion. Qui s’en plaindra?

Le groupe Omega

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18ème arrondissement – La place du Tertre sous la neige

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Parfois, l’hiver nous réserve de bonnes surprises. Evidemment, il faut aussi se lever tôt, avant les touristes qui, eux, ne reculent devant rien pour prendre possession des lieux. Alors, quand la neige est au rendez-vous, que les peintres n’ont pas encore posé leur chevalet et que ce n’est pas la saison où les restaurants ont le droit d’occuper la moitié de l’espace, la place du Tertre daigne nous offrir sa plus belle perspective.

© gérard Laurent pour ParisCool, les photos de Paris

18ème arrondissement – Quoi de mieux qu’un petit verre en terrasse à Montmartre?

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Oui, quoi de mieux, je vous le demande? Et nos deux compères n’ont-ils pas l’air à leur affaire? Il suffit parfois de quelques pas pour s’éloigner un peu des restaurants où s’engouffrent les cars de touristes suivant docilement le parapluie rouge de leur guide. Quelques pas de côté, une ou deux rues à l’écart, et Montmartre est là, plein de sa bonhommie gouailleuse. Installez-vous et souriez en connaisseur aux bons mots qui fusent entre les habitués: vous voilà adopté.

© gérard Lavalette pour ParisCool, les photos de Paris

18ème arrondissement – La fille à la peluche de la rue la Vieuville

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Souvent pour s’amuser, des filles pas trop sages,
prennent dans leurs joujoux des peluches hors d’âge
Et les fixent pour rire aux piquets de la rue
Pour des rires moqueurs et des jeux imprévus.

Eux qui furent jadis des doudous adorés
On leur tire la queue, on leur pousse le nez,
On les photographie pour mieux s’en amuser.

Chacun ressemble un peu à ces jouets déchus
Qui furent de leurs temps les princes de leur âge
Et rêvent en silence à ces instants perdus
en jetant sur la rue des regards éperdus.

La vie mouvementée d’une peluche
© gérard Laurent pour ParisCool, les photos de Paris

18ème arrondissement – Tous pour Ganesh boulevard de la Chapelle

 18ème arrondissement – Tous pour Ganesh boulevard de la Chapelle

 

Quel spectacle! Chaque année, les fidèles partent du Temple de Ganesh, à grand renfort de tambours et de symbales, et parcourent pendant plusieurs heures les rues et les avenues du dix-huitième en l’honneur du Dieu Ganesh. Les fidèles, parés de leurs plus beaux atours, défilent en riant et en unissant leurs forces pour tirer le char de la divinité, entièrement recouvert d’étoffes rouges et blanches et décoré de nombreuses guirlandes, de fleurs fraîches, de régimes entiers de bananes, de noix de coco et de feuilles d’aréquiers. Un spectacle qui, comme le nouvel an chinois, fait aujourd’hui partie des traditions parisiennes.

Le temple de Ganesh

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18ème arrondissement – Pochoir SM rue André Antoine

18ème arrondissement – Pochoir SM rue André Antoine

On sait que la discipline, celle qui s’administre, a longtemps fait partie des moeurs ecclésiastiques, mais quand ce petit pochoir est apparu rue André Antoine, en bas de l’escalier qui borde l’église Saint Jean des Abbesses,un frisson a parcouru le quartier. D’autres trouvaient cette forme de pénitence d’un oeil indulgent, en rappelant celle d’Henri IV à Canossa, en 1077, où l’empereur du saint empire germanique, fut contraint de se traîner trois jours durant aux pieds du pape Grégoire VII. Peut-être notre pêcheur montmartrois avait-il beaucoup de choses à se faire pardonner, lui aussi? En tous cas, des bonnes âmes eurent tôt fait de passer une éponge purificatrice sur le mur qui depuis, se désole qu’on lui ait effacé son joli dessin…

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18ème arrondissement – Les défenses du cimetière de Montmartre

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Le cimetière de Montmartre, créé vers 1825 sur d’anciennes carrières de gypse, connut tout de suite de sérieux problèmes de sécurité. A cette époque, pas de profanations gothiques de jeunes blasés mais des dégradations triviales de pilleurs de tombes qu’on essayait de chasser par tous les moyens, y compris des pièges à feu. On dit même que ces pièges coûtèrent la vie à un conservateur (quel titre approprié!) du cimetière lors d’un essai, un certain Vaulabelle. Quand on décida, en 1885, de prolonger la rue Caulaincourt jusqu’au boulevard de Clichy, on lui fit enjamber le coin sud-est du cimetière. Cela n’améliora pas la sécurité et on eut alors l’idée de protéger ce nouvel accès par d’impressionnantes piques en fer forgé qu’on peut encore admirer du haut de l’escalier qui descend vers l’entrée du cimetière depuis la rue Caulaincourt jusqu’à l’avenue Rachel en contrebas. Aujourd’hui, les enfants et les pigeons s’y accrochent en de réjouissantes et dangereuses compétitions, mais avec, il faut le reconnaître, un net avantage pour les pigeons.

© gérard Laurent pour ParisCool, les photos de Paris